La crise écologique est la préoccupation principale de ce siècle. Le réchauffement climatique est la première urgence. L’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère, due aux activités et industries humaines, n’a jamais été aussi élevée depuis 650 000 ans. La valeur de +2°C est considérée comme un seuil au-delà duquel on craint des impacts irréversibles. Or, tous les scénarios d’émission envisagés par le GIEC prévoient que sans mesures radicales, il sera dépassé dans quelques dizaines d’années.
L’autre menace, c’est la « crise silencieuse » de la biodiversité : 15 000 espèces sont menacées d’extinction. 60% des services fournis par les écosystèmes et qui permettent la vie sur terre sont dégradés ou surexploités. Les pollutions s’accumulent dans tous les milieux. Les ressources naturelles s’épuisent. Plus que jamais dans l’histoire, l’existence de l’homme sur terre est mise en question.
Nos modes de vie, notre système économique et la croissance démographique en sont les responsables.
Pour les socialistes, le temps de la sous-traitance de la question de l’environnement est révolu. Le socialisme doit assumer sa double identité historique, sociale et écologique.
Les lignes de fracture entre gauche et droite sur la question environnementale sont les mêmes que sur la question sociale.
La droite prétend que le marché et la toute-puissance des innovations technologiques peuvent résoudre « naturellement » la crise écologique, voire suppléer à la nature, si on les laisse faire.
Les socialistes affirment que l’économie de marché et ses acteurs doivent être encadrés par des règles imposées par la puissance publique, pour répondre aux besoins humains au travers d’une croissance durable, et le marché doit intégrer les coûts sociaux et environnementaux de ce qu’il produit et de ce qui est consommé.
Si Nicolas Sarkozy a eu le mérite d’avoir permis le Grenelle de l’environnement, qui a été une réussite collective, nous regrettons que les mesures fortes aient été repoussées ou abandonnées, comme celle de la taxe carbone, dès octobre 2007, par Nicolas Sarkozy lui-même. Depuis, l’hostilité des élus UMP, le lobbying de groupes économiques pèsent. L’épisode de la loi sur les OGM a levé le voile sur l’attitude de l’UMP. Les premiers textes d’application du Grenelle sont également en deçà des attentes : moyens opérationnels et budgétaires flous, extension de l’agriculture biologique repoussée, trame verte affaiblie, contestation du principe de précaution…
La loi sur la responsabilité environnementale, qui consacre le principe du pollueur-payeur, oblige les entreprises à réparer les dommages causés à la nature dans les cas de pollution des sols, des eaux, ou d’atteinte à la survie des espèces et des habitats protégés, a connu le même sort. Adoptée avec retard et dans la précipitation, cette loi qui n’est que la transposition de la directive européenne de 2004 manque d’envergure. Là, la France n’a pas montré l’exemple, mais a légiféré sous la menace de la Commission européenne, à la veille de prendre la Présidence de l’Union européenne.
Ainsi, ce qui nous était présenté comme une refonte de la pensée de la droite sur la question de l’environnement se révèle finalement être le versant « écologique » de l’agitation d’un Président incohérent. De l’affichage d’une grande ambition, on est passé à de la communication.
Il ne s’agit pas pour les socialistes de souhaiter l’échec de la droite sur les questions environnementales. Car le sujet est trop grave. Par contre, nous devons inlassablement pointer les mesures oubliées, les promesses non tenues, et faire des propositions.
